Avec So Lars lala, l’influenceur Lars Lala transforme la chaussure en œuvre d’art

Lars LaLa, l’influenceur le mieux chaussé d’Instagram, lance So Lars LaLa, une ligne de bijoux pour les talons de chaussures. Un choix audacieux dont on discute avec le principal intéressé.

La journaliste et chroniqueuse mode Alice Pfeiffer écrivait Le Goût du moche en 2021 et depuis, la tendance n’a pas vraiment changé. Elle s’est même accentuée. La preuve en est avec le compte Instagram de Lars Byrresen Petersen, Lars LaLa, un espace ovni créé en 2018 par l’influenceur danois et qui recense les chaussures les plus étranges de la mode. Véritable passionné du soulier et de son histoire, Lars Byrresen Petersen liste les paires de défilés, d’hier et d’aujourd’hui, avec une autodérision qui a fait sa renommée. Entre la mode et le bizarre, il n’y a qu’un pas que Lars s’est empressé de franchir au fil de ses posts. Son “SHOEniverse”, comme il aime l’appeler, attire désormais plus de 100 000 abonné·es, une communauté qui s’amuse des lubies d’un monde à part mais qui admire aussi les chefs-d’œuvre de certaines archives. Après avoir vécu treize ans à New York, Lars Byrresen Petersen a posé ses valises à Paris, Ville Lumière, pour présenter son nouveau projet en date baptisé SoLars LaLa. Rencontre.

Lars Lala, influenceur passionné

Lars Byrresen Petersen alias Lars LaLa grandit dans la campagne danoise. Son grand-père et son père étaient propriétaires d’une usine de plastique, un détail loin d’être anodin pour sa marque, So Lars LaLa, qui utilise désormais du plastique recyclé. Dès l’adolescence, le jeune homme se découvre une passion pour la chaussure tout en pratiquant l’équitation à haut niveau. Un sport où il affectionne déjà les bottes cavalières stylisées plutôt que les simples bottes d’équitation en plastique mises à sa disposition. Il part faire ses études dans la prestigieuse Central Saint-Martins à Londres. Diplômé d’un master en journalisme de mode, Lars se forme chez Dazed, Interview ou encore W Magazine. Il multiplie les expériences éditoriales et étoffe une plume qui se veut à la fois pointue et ironique. Il se perfectionne aussi dans la vidéo, capturant des moments d’anthologie pour Dior, Christian Louboutin ou encore Cadillac.

Fort d’une connaissance précise de l’industrie, Lars lance alors son compte Instagram en 2018 qu’il baptise Lars LaLa, une cartographie de chaussures audacieuses et non conventionnelles. Il offre une vitrine unique aux passionné·es de ces souliers aux formes étranges. Quand on lui demande son modèle favori en matière de chaussures, Lars évoque la Tabi de Margiela, une paire inspirée des souliers japonais portés par les ouvriers qui a vu sa popularité grimper en flèche ces dernières années. Il va sans dire que le journaliste porte une attention toute particulière aux détails. Pour chaque publication, il choisit une paire tirée d’un défilé et décrypte son histoire, son design ainsi que la longueur de son talon. Grâce à ses analyses, la chaussure dépasse son statut d’objet pour devenir un véritable symbole du contexte politique, historique et social dans lequel elle a été créée. Lars LaLa est un espace hybride de recherche sur le soulier, un lieu de partage mais aussi d’humour où l’on s’amuse de voir des créations hors du commun. Après moins d’une décennie passée sur Instagram, Lars a décidé d’étendre son univers en gardant comme horizon, la chaussure, bien évidemment.

SO LARS LALA, l’idée d’UN TALON SUBLIMÉ

En mai 2026, Lars lance So Lars LaLa, une marque de bijoux pour chaussures inspirée des surchaussures de l’époque. So Lars LaLa est le fruit d’un constat, celui d’une mode qui surconsomme et qui privilégie la quantité à la qualité. “L'idée que tant de paires de talons soient jetées chaque année à cause de l'usure me dérange. Idem pour les talons de créateurs qui deviennent de plus en plus spécifiques, si bien qu'ils ne sont portés que quelques fois avant de devenir trop reconnaissables, car on nous a fait croire que nous devrions porter une nouvelle tenue chaque jour. So Lars LaLa est donc une réaction à cela. De plus, rien dans votre garde-robe n’est un produit fini : tout peut être personnalisé”, développe Lars Byrresen Petersen.

La pièce maîtresse du lancement est un bijou de talon en forme de bouquet d’hortensias qui vient se clipser à la chaussure. Chaque bouquet, seulement cent exemplaires produits, est fabriqué et peint dans les ateliers du label à Pantin. Bien plus qu’un ornement, la fleur imposante vient décorer la chaussure pour la rendre singulière. Elle peut aussi servir de protection pour éviter que le talon s’enfonce dans la terre ou dans des graviers. Tout dépend du lieu de la fête. Avec l’hortensia, les chaussures, escarpins et autres déclinaisons, ne sont plus seulement des objets mais des toiles vierges à personnaliser. Cette fleur si spéciale fait écho au jardin du grand-père de Lars, une figure qu’il considère comme sa toute première inspiration. “Je l'ai choisie parce qu'elle donne l'impression que l'on marche sur quelque chose de fragile. Mais ce n'est pas le cas. C'est une armure”, ajoute-t-il.

Entre artisanat, subtilité et flamboyance, le bijou est unique en son genre. “Je veux que chaque client se sente spécial, la production de masse tue la créativité”, ajoute Lars. So Lars LaLa n’est que la continuité de son compte Instagram, l’extension physique de ses recherches sur les chaussures. Celui dont le style s’inspire de l’autriceFran Lebowitz avec un twist” a su transposer son imaginaire dans un accessoire atypique et hautement désirable. Avec une première présentation à la Maison du Danemark, tout près des Champs-Élysées, Lars Byrresen Petersen a réuni ses proches et la presse dans un espace vert aménagé pour l’occasion. Une manière de rassembler sa communauté avec authenticité et simplicité dans le jardin de son enfance.

©LARS LALA

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