Le « syndrome Carrie Bradshaw »

« I couldn't help but wonder...» (« Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander... »). Cette phrase, les fans de Sex and the City la connaissent par cœur. Pour Carrie Bradshaw une rupture devenait une chronique. Un café en terrasse ressemblait à une scène de cinéma. Une balade dans les rues de Manhattan prenait des airs de défilé improvisé. Et une simple paire de Manolo Blahnik… eh bien, disons que Carrie les considérait avec un peu plus d'amour que certains de ses petits amis.

Vingt ans plus tard, Carrie n'a jamais vraiment quitté nos écrans. Son dressing ferait toujours rêver ,même si notre banquier, lui, préférerait éviter, son appartement new-yorkais reste un fantasme et son légendaire sac Fendi Baguette continue de faire tourner les têtes. Mais si elle revient aujourd'hui, ce n'est pas seulement pour ses Manolo Blahnik ou ses looks extravagants.

Carrie nous rappelle surtout que la vie est parfois plus belle quand on décide de la regarder autrement.

Main character energy

Sur TikTok, une expression revient sans cesse : main character energy. Littéralement, « l'énergie du personnage principal ».

Le concept est simple. Et si, on décide de devenir le héros de notre histoire?

Cela ne veut pas dire vivre dans un appartement de l'Upper East Side ou dépenser un mois de salaire dans une paire de chaussure. Carrie elle-même admettrait probablement que ce n'était pas son idée la plus raisonnable. Cela signifie plutôt choisir une jolie tenue même sans occasion particulière, s'offrir des fleurs sans raison particulière, prendre un café seul en terrasse ou marcher avec sa playlist préférée comme si la ville entière devenait le décor d'un film.

Des gestes simples, qui donnent pourtant une autre saveur au quotidien.

L'imperfection comme art de vivre

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, romantiser son quotidien ne consiste pas à vivre comme un moodboard Pinterest.

Carrie Bradshaw était tout sauf parfaite. Au fond, elle ne vivait pas une vie extraordinaire. Elle avait un appartement trop petit pour contenir toutes ses chaussures, un compte bancaire qui souffrait probablement à chaque passage devant une vitrine et une relation avec Mr. Big qui aurait donné des sueurs froides à n'importe quel thérapeute.

Mais elle trouvait toujours une façon de donner du sens à ce qu'elle vivait. Et c'est peut-être ça, la vraie leçon de Carrie Bradshaw. Prendre son café sans regarder son téléphone. Marcher sans se presser. S'habiller pour le plaisir plutôt que pour une occasion.Écrire ses pensées dans un carnet. Faire d'un dimanche pluvieux un moment qu'on a envie de se rappeler.

Des gestes simples, qui donnent pourtant l'impression de reprendre le contrôle d'un quotidien qui file à toute vitesse.

Parce que nous vivons vite. Très vite. Les notifications s'enchaînent, les journées passent à toute vitesse et les réseaux sociaux nous donnent parfois l'impression que chaque minute devrait être productive, esthétique ou exceptionnelle. On oublie souvent de profiter du moment présent.

Le « syndrome Carrie Bradshaw » apparaît alors comme une petite rébellion. Une façon de dire : et si je ralentissais un peu ?

Bien sûr, le « syndrome Carrie Bradshaw » n'existe dans aucun manuel de psychologie.C'est plutôt un état d'esprit.

Mais si l'expression plaît autant, c'est parce qu'elle traduit une envie bien réelle : celle de remettre un peu de poésie dans nos journées.

Et si, vingt-cinq ans plus tard, Carrie continue d'inspirer autant de femmes, ce n'est peut-être pas parce qu'on rêve toutes d'avoir son dressing. C'est pour sa capacité à trouver de la beauté dans une journée ordinaire.

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