« Je m’engage à prendre sa défense » : quand Patrick Bruel soutenait la lutte contre les violences faites aux femmes
Alors que Patrick Bruel est visé depuis 2019 par plusieurs accusations de violences sexuelles, une ancienne publication de l'artiste ressurgit plusieurs années après sa diffusion. Dans cette campagne de sensibilisation, le chanteur apportait son soutien aux femmes victimes de viol. Une séquence qui est désormais vivement critiquée.
« 250 femmes violées chaque jour en France », soit une toutes les six minutes. C'est autour de ce chiffre marquant que Patrick Bruel avait choisi de s'engager. Le 8 mars 2013, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le chanteur publiait sur Facebook une photo de lui portant du rouge à lèvres, accompagnée de ces mots : « Pour vous, j'ai mis du rouge ». À travers ce geste, il apportait son soutien à l'opération Mettez du rouge ! : une campagne destinée à sensibiliser le public aux violences sexuelles faites aux femmes. À laquelle plusieurs personnalités avaient également pris part, dont Vincent Cassel et Paul Smith. Treize ans plus tard, cette ancienne publication refait surface sur les réseaux sociaux et suscite de nombreuses réactions.
Une ancienne campagne relue à travers l’actualité judiciaire
C'est surtout une phrase de celui qui fut l'icône de la « Bruelmania » qui retient aujourd'hui l'attention. Dans les années 1990, les médias avaient largement contribué à façonner l'image d'un chanteur présenté comme l'idole romantique de toute une génération de femmes. Une image qui, plus de trente ans plus tard, se heurte désormais à un tout autre récit. À l'occasion de cette journée de sensibilisation, Patrick Bruel écrivait : « Je suis un homme. Si une femme se fait agresser devant moi, je m'engage à prendre sa défense ». Des mots qui prennent aujourd'hui une résonance particulière. Pour rappel, Patrick Bruel a été mis en examen le 10 juin 2026 pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel dans quatre dossiers. Placé sous contrôle judiciaire, il lui est notamment interdit de quitter le territoire français et d'entrer en contact avec les plaignantes. Depuis, cette ancienne publication est largement repartagée sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes soulignent le contraste entre cet engagement public et les accusations dont il fait aujourd'hui l’objet.
©Patrick Bruel / Facebook
Une nouvelle vague de plaintes
L'affaire continue de s'étoffer. Selon Mediapart, trois nouvelles plaintes pour viol et agression sexuelle ont récemment été déposées contre l’artiste. Stéphanie (prénom d'emprunt) dénonce un viol présumé en 2014, en marge d'un tournoi international de poker. Jeanne (prénom d'emprunt) accuse le chanteur d'un viol puis d'une tentative de viol dans les années 2000, tandis qu'une troisième plaignante affirme avoir subi une agression sexuelle à l'âge de 15 ans, lors de l'US Open 1992 à New York. À cela s'ajoute le témoignage d'Agnès R., une hôtesse de l'air, qui dans les colonnes de Paris Match accuse Patrick Bruel de tentative de viol. Ce 18 juin, selon l'hebdomadaire, la jeune femme affirme que le chanteur lui aurait « saisi très fort le poignet pour l'entraîner à l'intérieur » d'une chambre, avant qu'elle ne parvienne à se dégager. Un témoignage qui fait écho à celui de Karine Viseur. Dans le documentaire Patrick Bruel : la chute d'une icône ?, diffusé sur BFMTV en juin dernier, cette dernière affirmait que le chanteur l'avait également entraînée de force dans les toilettes d'un avion : « De nouveau, il essaie de m'embrasser, ses lèvres dans mon cou, ses mains qui caressent mes jambes et remontent sous ma robe pour les passer sous mes collants », témoignait-elle.
Parmi les quatorze personnalités mobilisées durant cette campagne figuraient également Denis Baupin et Patrick Poivre d'Arvor. Tous deux ont par la suite été visés par des accusations de violences sexuelles ou sexistes.Un détail qui n'a pas échappé aux internautes
