Avoir la FOMO : l'expression qui guide nos sorties

Sur les réseaux sociaux, une expression revient régulièrement : avoir la FOMO. Derrière cet acronyme de l'anglais Fear of Missing Out se cache une peur bien connue : celle de passer à côté de quelque chose. Une soirée entre amis, un événement incontournable, une opportunité à saisir... et l'impression que dire non pourrait être une erreur.

Dans un quotidien rythmé par les invitations, les sorties et les notifications, cette sensation s'est progressivement imposée dans le vocabulaire des réseaux sociaux. Mais que signifie réellement avoir la FOMO ?

Une peur de manquer l'instant

Vous avez prévu de rester chez vous un vendredi soir. Pourtant, lorsqu'un message apparaît dans votre groupe d'amis, le doute s'installe. Et si cette soirée devenait le meilleur moment du mois ? Et si tout le monde en parlait demain ? La FOMO repose précisément sur cette inquiétude : celle de manquer une expérience jugée importante, socialement ou personnellement. Une peur qui pousse parfois à accepter des invitations par obligation plutôt que par envie.

Le terme gagne en popularité au début des années 2000 grâce à l’américain Patrick J. McGinnis. Dans l’article “Two FOs : Social Theory at HBSpublié dans The Harbus, le magazine de la Harvard Business School, il observe le comportement de nombreux étudiants qui cherchent à multiplier les expériences, les événements et les opportunités. 

L'objectif : ne rien rater.

Selon lui, cette logique conduit à dire oui à presque tout, même lorsque la fatigue ou le manque d'intérêt sont au rendez-vous. Derrière ce réflexe se cachent plusieurs craintes : manquer une opportunité, être exclu d'un groupe ou passer à côté d'une expérience que les autres vivront sans nous.

Les réseaux sociaux : le moteur de la FOMO

Si la FOMO existait bien avant les smartphones, les réseaux sociaux contribuent largement à l'amplifier.

Stories, publications, vidéos : chaque jour, les plateformes offrent une fenêtre permanente sur la vie des autres. Vacances, concerts, soirées ou réussites professionnelles défilent sur les écrans et donnent parfois l'impression que tout se passe ailleurs.

Le problème n'est pas seulement ce qui peut être vu, mais aussi ce qui peut être imaginé. Une simple photo peut suffire à créer le sentiment d'avoir raté une expérience exceptionnelle - même sans connaître la réalité qui se cache derrière l'image. Cette exposition constante nourrit une comparaison sociale quasi permanente et peut rendre certaines décisions plus difficiles : faut-il accepter cette invitation ? Changer ses plans ? Sortir malgré la fatigue ? La peur de manquer prend parfois le pas sur les envies réelles.

La revanche de la JOMO

Face à cette pression sociale, une autre expression émerge : la JOMO, pour Joy of Missing Out. Littéralement, la joie de manquer quelque chose. L'idée est simple : accepter de ne pas être partout, tout le temps. Revendiquer le droit de rester chez soi, de ralentir ou de refuser une invitation sans culpabiliser.

Plus qu'une tendance, la JOMO reflète une volonté de reprendre la main sur ses décisions. Car derrière la FOMO se cache une question plus large : nos décisions sont-elles guidées par nos envies ou par la peur d'être exclus ?

Dans une société où l'on peut suivre en temps réel ce que font les autres, apprendre à manquer certains événements devient parfois un véritable exercice. Sortir, accepter une invitation ou rester chez soi ne devraient pas être des choix dictés par la peur de rater quelque chose, ni par le regard des autres. Mais par une envie réelle, personnelle.

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