Olivia Rodrigo : et si la robe n’était pas le problème ?

Depuis la sortie de son clip Drop Dead mi-avril, Olivia Rodrigo est au centre du débat. Sa robe à volants, jugée trop courte par certains internautes, relance le débat autour des codes “Baby Doll” et “Lolita”. En 2026, la société laisse-t-elle vraiment les femmes s’habiller librement ?

À Barcelone, la tenue babydoll d’Olivia Rodrigo lors de son concert Spotify a suscité une vive polémique en ligne.

Robe trop courte, chaussettes à volant et chaussures enfantines, Olivia Rodrigo est la nouvelle obsession de la toile. L’interprète de Drivers License se fait tailler en pièce en raison d’un style jugé problématique depuis le lancement de sa nouvelle ère musicale en 2026. Bien qu’en réalité, le problème ne semble pas venir de la robe, mais d’une vision encore trop exiguë que la société tente d’imposer par tous les moyens.

Que veut dire Baby Doll ?

Le style vestimentaire Baby Doll débarque dans les années 60. Il s’inspire d’un film du même nom sorti en 1956 qui dénonce l’hypocrisie sociétale et l’émancipation des femmes. Les Baby Doll sont marquées par une silhouette très féminine, douce et romantique. Cela passe par des cerfs-têtes, des nœuds dans les cheveux et des robes au-dessus du genou aux couleurs pastels. Cette ère née dans un contexte où la féminité n’avait que très peu de place dans la société, le corps était un sujet tabou et sexualisé. Alors, les Baby Doll sont venues défier ces codes, proposant une vision très audacieuse et plutôt rebelle. La société, toujours réfractaire au changement, a longuement lié les baby doll aux lolitas, style venu du Japon dans les années 80. Deux styles pourtant différents mais qui refusent tous deux une sexualisation persistante de la femme.

Le lien avec Olivia Rodrigo

Bien que les Baby Doll et les Lolitas défient les codes depuis des décennies, aujourd’hui, elles dérangent encore dans un monde qui semblait pourtant avoir évolué. Olivia Rodrigo se retrouve livrée en peinture sur les réseaux sociaux à cause d’un style qui « dérange ». Pourtant, rien qui fait outrance à la pudeur en visionnant ses show ou ses clips. Mais ce qui irrite les internautes, c’est la silhouette de « petite fille » que la chanteuse fait ressentir à ceux qui la regardent. Sur ces dernières apparitions musicales, Olivia adopte un style qui revient en force : robe courte à volant, col bateau, motifs floraux et petites ballerines. Des pièces qui reviennent incontestablement sur les défilés de ces derniers mois, précurseurs de la mode. Mais l’artiste s’est fait connaître avec des looks très juvéniles et Y2K par conséquent, lorsqu’elle débarque avec des petites robes qui sont à la pointe de la mode, ça dérange.

Une vision archaïque camouflée en polémique

Quand les grandes mannequins font leur entrée sur le tapis rouge tout le monde approuve mais quand c’est une pop star, ça pose problème. Sur TikTok les vidéos s’enchaînent sur le sujet d’Olivia Rodrigo et surprise, ce sont les femmes qui alimentent ces polémiques. La solidarité s’efface alors que la féminité combat la société depuis des dizaines d’années. Des vidéos empreintes de « c’est bizarre » ; « c’est dérangeant » ou encore « elle porte des vêtements de bébés », quoi de mieux pour une nouvelle fois donner raison à un système qui pousse les femmes à rester dans l’ombre ? Le plus dérangeant dans l’histoire, c’est qu’une femme portant des robes courtes fait obligatoirement penser à une petite fille. Mais cette polémique ne révèle-t-elle pas un problème plus profond lié à la sexualisation d’une femme en l’infantilisant ?

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