Michael : un biopic hors du temps
The King of Pop n’arrêtera donc jamais de briller. Après plus de 15 ans sans moonwalk, Michael Jackson revient sur le devant de la scène dans un biopic disponible en salle depuis mercredi dernier. L’histoire de sa trajectoire légendaire, racontée par son neveu Jaafar Jackson.
25 juin 2009, le roi de la pop pousse son dernier souffle. 15 ans après son décès, le monde entier ne parle encore que de lui. Interprété par son neveu Jaafar Jackson, Michael revient briller de Paris à Pékin dans un biopic qui raconte l’épopée de sa destinée. Attention, spoiler !
LES PREMIERS PAS D’une légende
Les lumières s’éteignent, les discussions s’arrêtent, mais le silence de la salle est rompu par Wanna Be Startin’ Somethin’ et là, on sait que les 2h07 qui nous attendent auront une saveur inoubliable. Le film commence en 1966, Michael est âgé de 8 ans. A l’époque, il est membre des Jackson 5, un boys band entre frères dont il est la vedette. Mais Michael, interprété par Juliano Krue Valdi, rêve d’une vie remplie de jeux, d’amis et d’évasion, loin des tournées musicales qu’il est contraint de faire par son père. Le casting s’est basé sur l’innocence que Juliano dégage, plutôt que sur la ressemblance avec Michael. Pour autant, c’est bien le futur roi de la pop que l’on voit performer. Son enthousiasme est sans cesse freiné par son père Joseph Jackson, joué par Colman Domingo qui est un véritable tyran. Michael n’a rien d’un fils pour lui : c’est simplement sa future poule aux œufs d’or. D’ailleurs, chaque soir, Michael se plonge dans les aventures de son livre Peter Pan, où la mention Joseph apparaît au dessus d’une image du Capitaine Crochet. Preuve que Neverland pour lui, existait déjà.
Le petit Michael avoue à sa mère que malgré sa volonté, il ne peut pas se faire d’ami. C’est pour cette raison que les animaux ont une place aussi importante pour lui : “Ce n’est pas des animaux, ce sont mes amis”. La sensibilité de l’acteur est tellement prenante qu’il nous est impossible de retenir notre affection.
Côté musical, c’est un sans faute. I Want You Back ou encore Who’s Loving You sont des tubes qui ne cessent de faire parler par leur facilité à entraîner n’importe qui sur la piste. Néanmoins, l’enfance de Michael aurait dû être plus exploitée puisqu’elle est le germe de ce qu’il est devenu.
quand michael devient michael
La star interplanétaire réapparaît plus âgé, en 1978 où il songe à sortir son premier album solo. Là commence la vraie magie. On voit Jaafar mais on regarde Michael. Des cheveux jusqu’aux yeux, du col aux mocassins, l’aura du roi de la pop réussit à tromper l’œil du public. Jaafar Jackson, neveu de Michael ne se contente pas de faire du mimétisme, il prend possession de son oncle.
La pureté de Michael ne s’efface pas à l’âge adulte. Toujours dans l’incapacité à se trouver des amis, il adopte girafe, lama et Bubbles, un petit chimpanzé. Sa chambre est remplie de peluches, de jouets et de posters. Son enfance remonte à la surface, l’empêchant d’être un homme et de prendre ses propres décisions. Toujours accompagné de Bill Bray, son gardiéron et fidèle allié, Michael gravit les marches jusqu’au sommet sans oublier qui il est. Il visite des enfants malades, signe des autographes à n’importe quelle occasion, toujours avec un petit sourire gêné comme s’il ne méritait pas toutes ces ovations.
Malgré une ascension fulgurante, une ombre demeure : la superstar reste sous l’emprise de son “Capitaine Crochet”. Lors d’un énième concert imposé avec les Jackson Five, Michael annonce, sous le regard de son père, qu’il s’agira du dernier. Les portes de la liberté s’ouvrent enfin. Jaafar réussi à captiver le public en rejouant avec une précision saisissante le destin de son oncle.
Sa vie continue de défiler aux yeux des spectateurs. Ses concerts sont reproduits au pas, les coulisses de ses clips les plus connus sont dévoilées et son émancipation prend aux tripes. Les pop-corn sont terminés et Michael nous quitte sur son single Bad qu’il performe sur scène, à l’image exacte de sa prestation de 1989 à Los Angeles. Un dernier au revoir nous est accordé avec la phrase « Son histoire continue » mais finalement, est-ce vraiment un adieu ?
Michael ce n’est pas seulement un biopic, c’est le plus bel hommage que l’on puisse lui faire.
