“Le Diable s’habille en Prada 2” : un souffle de nostalgie presque parfait

Andrea Sachs et Miranda Priestly font leur retour sur grand écran et ramènent avec elles, le souvenir de leurs premières aventures dans un film emprunt de nostalgie. 20 ans après le premier volet, la journaliste et la rédactrice en chef se retrouvent pour nous offrir une suite à l’image de ce qu'auraient pu attendre les fans.

Plongées de nouveau au cœur des rues new-yorkaises, les premières images plantent tout de suite le décor. Flash des paparazis, plans serrés sur les looks et musique d’ambiance : c’est bien de mode qu’il est question.

Tout en détail

Si vous connaissez sur le bout des doigts les scènes iconiques du premier film, paru en 2006, il ne vous sera pas difficile de repérer les références cultes de celui-ci, distillées tout au long de ce deuxième film. 

Dès les premières minutes, on peut voir une femme hésitant entre deux ceintures bleues, clin d’oeil évident au bleu céruléen qu’Andréa porte lorsqu’elle est première assistante pour Runaway. Plus le film avance, plus les références s’accumulent. “Taille 40”, ne surtout pas monter à l’étage ou encore “Les Emily” : tout est pensé pour donner au spectateur un sentiment fort de nostalgie. 

Extrait des scènes iconiques du premier film (@Toutmoncinema & @20th Century Fox)

D’ailleurs, les personnages les plus emblématiques sont tous de retour et ils n’ont pas changé. Nigel a gardé son sarcasme et ses attentions pour Andrea, Emily Charlton est toujours autant piquante, Andy Sachs est restée maladroite mais appliquée dans son travail et Miranda Priestly est fidèle à son image d’icône tyrannique.

La seule légère évolution, plutôt appréciable, au niveau des personnages, concerne leurs relations. Au debut du film, elles semblent inchangées et c’est aussi grâce à cela que la nostalgie prend place. Mais au fur et à mesure que l’intrigue évolue, on comprend que les personnages ont grandi et ne sont plus les mêmes qu’il y a 20 ans bien que leurs habitudes restent les mêmes. 

Par exemple, à la fin, Emily et Andrea deviennent amies, chose qui ne serait sûrement pas arrivé dans le premier volet. Nigel, quant à lui, reconnaît qu’il est responsable du retour d’Andy au sein du magazine avouant dans une scène plutôt émouvante qu’elle a toujours été spéciale à ses yeux. Miranda reste la plus froide mais finit par s’ouvrir davantage aux autres, notamment à Nigel et Andy. Ces liens, presque flous dans le premier film, apparraissant clairement dans cette suite, donnent à l’intrigue ce côté touchant dont les fans avaient bien besoin.

Presque un sans faute

Pour une recette parfaite, il manque deux ingrédients majeurs : la célèbre musique Vogue interprétée par Madonna et des looks spectaculaires. Pourtant, bien qu’il soit question de mode, c’est ce deuxième point qui pêche. 

Si on s’attendait à des tenues encore plus travaillées et tape à l'œil que dans le premier film, on reste rapidement sur sa faim. De manière générale, les tenues sont efficaces et restent fashion. Mais, dans l’ensemble, elles ne sont pas très marquantes. Des tons neutres tirant vers le gris et le beige, des coupes qui valent le détour une tenue sur deux, et des blazers sur presque tous les looks : c’est un ensemble assez fade et sans accessoires qui ne rend pas honneur aux tenues pointues auxquelles nous nous étions habitués.

Quelques exemples des looks portés dans Le Diable s’habille en Prada 2 (@Mega & @Getty images)

Le seul choix pour donner de l’éclat aux tenues : des strass à ne plus en pouvoir ne rendant pas justice aux icônes de la mode que sont supposés incarner les personnages. Certains vêtements sortent tout de même du lot, notamment une robe portée par Andrea lors d’un repas représentant l’une des seules pièces colorées de tout le film.

La robe colorée portée par Andy lors d’un repas professionnel. (@Getty Images)

Des éléments peu utiles

Les looks ne sont pas la seule chose qui pêche dans le film. On retrouve trop souvent des placements de produits mal amenés. Mercedes, Prada, Tiffany & Co, Louis Vuitton…les marques défilent à l’écran. Parfois, c’est justifié comme pour la maison Dior qui participe à l’intrigue puisque c’est dans leur bureau qu’on retrouve Emily Charlton. Mais pour le reste, elles ne nourrient pas vraiment l’histoire. 

Enfin, dans la dernière partie du film, Lady Gaga  fait une apparition. Elle interprète son nouveau single “Runway”, sur lequel elle collabore avec la chanteuse Doechii, composée spécialement pour le film.  Cette intervention de la pop star n’appporte pas grand chose à l’histoire et nous empêche même d’apprécier pleinement le défilé. La scène est tournée de sorte à ce que l’on observe davantage le show de Lady Gaga que les looks proposés qui méritent d’être admirés. 

Look porté par Lady Gaga lors de l’avant première du film et extrait du clip de Runway en collaboration avec Doechii.

Si on devait résumer, Le Diable s’habille en Prada 2 rend bien hommage à son premier volet sorti en 2006 en offrant une bonne dose de nostalgie aux fans, mais niveau look c’est pas tout à fait ça. Enfin, comme dirait Miranda Priestly : “That’s all”.

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